Archive for mai, 2010
BMW inaugure un nouveau centre de test à Munich
Il ne faut que 8 heures à BMW pour faire virtuellement le tour du monde dans son centre d’essais “énergie et environnement” de Munich. Ce site ultra-moderne permet de mener des tests en toutes saisons et d’accélérer le développement des prochains modèles. Visite guidée.
Les paparazzi qui avaient pris l’habitude de “planquer” en Laponie et en Afrique du Sud l’hiver, ou encore dans la Vallée de la Mort aux USA au cœur de l’été, dans l’espoir de shooter les modèles en développement risquent de voir passer moins de prototypes. BMW vient en effet d’étrenner un beau jouet à 130 millions d’euros qui lui permet de faire une bonne partie des tests à Munich, à tout instant du jour et de l’année, et en faisant profiter des résultats en temps réel à tous les ingénieurs concernés.


Il s’agit d’un tout nouveau centre de test qui n’abrite pas moins de trois souffleries thermiques et deux chambres d’essais (une pour le froid, une autre pour les essais en altitude). Un bel outil qui a été implanté à côté du FIZ, son centre de recherche, pour développer plus vite les modèles de demain.
Comme la plupart des constructeurs, BMW est obligé de faire rouler des prototypes et de leur faire passer une batterie de tests dans des régions froides et chaudes, afin de satisfaire aux normes des différents marchés mondiaux. Or, ces essais prennent beaucoup de temps, nécessitent une logistique lourde (ingénieurs et véhicules disséminés aux quatre coins du monde) et demandent un certain investissement.
Sans renoncer aux essais sur route, qui restent malgré tout indispensables, le constructeur allemand entend cependant gagner du temps et réaliser un maximum de tests virtuellement. Grâce à ce nouveau centre, il est par exemple possible de simuler indéfiniment un véritable blizzard comme en Suède ou, au contraire, de recréer la chaleur du sud de l’Espagne. L’idéal pour tester la climatisation, le dégivrage, la résistance des composants électroniques (en particulier pour les véhicules électriques et hybrides), ou encore la performance des moteurs et des émissions de CO2.


Bluffant de réalisme
Lors de notre visite, nous avons pu assister à une série de tests que réalisent habituellement les ingénieurs sous différents latitudes. Par exemple : une vent envoyant de la neige à une vitesse de 45 km/h et à une température de – 12°C sur une Série 5 Gran Turismo, le dégivrage à – 20°C d’un pare-brise de ce même modèle, un bon “cagnard” à 35°C sur la carrosserie d’un Z4, l’ascension du Mont Fuji au Japon d’une Mini avec le moteur Twin Turbo, et même un détour par le Mont Ventoux d’une X6 hybride tractant une remorque par un soleil radieux (et artificiel).
Tous ces tests sont recréés en labo avec un réalisme étonnant, avec ordinateurs et caméras à l’appui pour affiner les données. La neige a par exemple les mêmes caractéristiques que celle qui s’abat sur Arjeplog en Laponie, aux confins du cercle polaire… Sauf que le centre de BMW peut la faire tomber indéfiniment, alors que les aléas climatiques (réchauffement, nuage de cendres) peuvent retarder dans la vraie vie certains tests.

Selon les applications, on peut faire varier la température de – 20° C à + 55°C et éprouver les voitures jusqu’à une vitesse de 250 km/h ! Il est encore trop tôt pour tirer un bilan, mais d’ores et déjà BMW a remplacé à 100 % les tests de l’Afrique Australe. Dans certains cas, on peut réduire de 30 % le nombre de tests sur route ouverte. C’est, pour BMW, une économie de temps (entre 2 et 6 mois) et d’argent, sans compter que les ingénieurs seront plus productifs car ils peuvent corriger en temps réel au bureau les problèmes rencontrés en soufflerie. Et, vu le plan produit qui se prépare, le nouvel outil de BMW va sans doute tourner à plein régime.
Source: Autodeclics.com
Sound design actif
BMW détaille son projet « Sound design actif » destiné à améliorer le confort sonore dans l’habitacle tout en privilégiant des matériaux légers permettant de gagner du poids sur la voiture.
Parmi les problèmes se posant aux constructeurs, celui du bruit à l’intérieur de la voiture n’est pas le plus mince. Particulièrement lorsque il doit être concilié avec une recherche de gain de poids, notamment via l’utilisation de la fibre de carbone.
BMW vient de dévoiler les grandes lignes de son projet de recherche « Sound design actif » destiné à améliorer le confort acoustique de l’habitacle. Le but est simple : obtenir de matériaux légers la même « protection » qu’avec les matières lourdes et encombrantes jusque-là utilisé pour réduire la portée du bruit et des vibrations du moteur. Par exemple en travaillant sur la rigidité et les nervures du carter protégeant le moteur. D’autant que l’aluminium désormais utilisé pour cette pièce s’avère moins isolant que les alliages qu’il a remplacés. Le bruit est également mieux capté à la source, par une sorte de capsule acoustique permettant d’utiliser moins d’isolants pour l’habitacle.

Le dessous de caisse est également concerné, avec l’utilisation pour le fabriquer non plus de polypropylène mais d’un nouveau matériau baptisé LWRT (Light Weight Reinforced Thermoplast). Ce qui permet d’intégrer la fonction d’absorption du bruit directement dans la pièce, sans avoir à y ajouter une matière supplémentaire. Ce qui permet de gagner en encombrement (jusqu’à 75% d’épaisseur en moins) et en poids pour au final, économiser également du carburant.
Et comme chez BMW, le slogan « Le plaisir de conduire » ne doit pas être galvaudé, les ingénieurs travaillent même à ce que les bruits de moteur perçus dans l’habitacle soient le plus dynamiques possible, y compris pour les moteurs diesel qui abandonnent peu à peu leurs « claquements » caractéristiques.
Inauguré l’année dernière sur une Mini, le « Sound design » actif va maintenant être déployé sur d’autres modèles. Mais aucun détail n’a encore filtré sur son adoption en série.
Crédit: Emmanuel Genty - Cartech.fr

